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Céline Manceau : artiste-entrepreneuse

Pin-up, gothique ou metalleuse ? @ALTS
Pin-up, gothique ou metalleuse ? @ALTS

Céline Manceau, 30 ans et look détonant, est la gérante de La Clef des Charmes, une « Love boutique » située au cœur de Toulouse. Elle y vend de la lingerie, mais aussi des produits dédiés au plaisir du couple.

Portrait d’une femme au cœur d’artiste, commerçante dans l’âme.

« Je suis quelqu’un d’atypique. Déjà d’un point de vue look, on ne sait pas si je suis une pin-up, une gothique, une metalleuse ». Céline Manceau voulait faire de La Clef des Charmes un lieu à son image. Murs de brique apparente, mobilier chiné qu’elle a elle-même retapé, jazz des années folles en fond sonore et délicate odeur d’encens : dans cette échoppe aux allures de boudoir, la jeune femme fait bien figure de Betty Boop des temps modernes. Mais les recoins du lieu donnent d’autres indications : la lingerie fine et les étals de cosmétique coquine font écho à son sourire espiègle ; la proximité d’une statue de Saint-Antoine avec quelques cravaches laissent supposer un esprit, si ce n’est rebelle, du moins affranchi. Et, de même qu’il n’y a ni revue ni DVD à caractère pornographique dans son magasin, pas une grossièreté ne sort de la bouche de la gérante.

Une frange rose fushia assortie aux murs de son salon d'essayage @ALTS

Une frange rose fushia assortie aux murs de son salon d'essayage @ALTS

« Les gens aiment mon franc-parler »

Il ne faut donc pas se fier à sa frange rose fushia, assortie aux murs de son salon d’essayage, ni à son pendentif en forme de tête de mort : Céline Manceau a un style bien à elle, mais elle accueille avec le même sourire le cadre sup ou le punk, l’étudiante ou la quinqua fraîchement divorcée. « Je reste moi-même mais en m’adaptant aux clients ». Aux plus timides elle offre un thé ou un café pour prendre le temps de discuter. « Je suis douce, mais je ne tourne pas autour du pot. Les gens aiment mon franc-parler. Du coup, on arrive vite à la confidence ». Elle lit beaucoup de littérature érotique ou de traités psychologiques autour du sexe. Cela lui permet de partager son expérience et d’aider ses clients sans pour autant être « sexologue, gynéco ou assistante sociale ».

La commerçante, qui a entièrement retapé un vieux local pour en faire sa boutique, tient à ce que ses vitrines soient impeccables pour ses clients. @ALTS

La commerçante, qui a entièrement retapé un vieux local pour en faire sa boutique, tient à ce que ses vitrines soient impeccables pour ses clients. @ALTS

De la bijouterie aux arts martiaux historiques

Car Céline Manceau est avant tout chef d’entreprise. C’est d’ailleurs le côté entrepreneurial de son aventure, plus que l’objet de son commerce, qui retient l’attention de ses proches. Elle vient d’une « famille de commerçants ». Elle a 10 ans quand elle quitte Dijon pour Carcassonne, où sa mère reprend une entreprise. Plus tard, ses parents installent leur commerce rue des Blanchers, en face du vieux local qui deviendra La Clef des Charmes. Jusqu’à sa fermeture il y a un an, Le Griffon Noir était une boutique de vêtements gothiques et de reconstitution historique des arts martiaux. C’est là qu’elle rencontre, il y a 4 ans, son compagnon actuel. « Il m’a littéralement tapé dans l’oeil ». Une histoire de coup d’épée mal placé. Loin de l’érotisme, elle travaille depuis cinq ans avec son père sur un manuscrit écrit au XIIIème siècle. L’idée est de mettre en pratique des techniques d’arts martiaux ancestrales.

Céline Manceau n’en finit pas d’enrichir son parcours de création, depuis l’obtention d’un DEUG d’Arts Appliqués en 2005. De son passage dans l’univers de la bijouterie, elle a gardé le glamour et le sensuel. La clientèle aussi. Toutes les trois semaines, elle change la déco de sa boutique. Une manière de satisfaire son appétit artistique, mais aussi ses clients fidèles. Pour l’heure, si l’artiste est fière de l’univers qu’elle a créé, l’entrepreneuse au RSA avoue ne pas pouvoir se dégager un salaire. Mais celle qui n’a jamais pu obtenir de prêt à la banque pour ouvrir sa boutique et s’est « battu un an » pour finalement trouver un financeurs privé, « reste optimiste ». D’ici quelques mois, peut-être ajoutera-t-elle le tailleur de la business woman à sa garde-robe.

Pdf de l'article mis en page avec les photos

Portrait réalisé dans le cadre du cours de photo de Jean Depierre. 

Consigne : 3000 signes + 3 photos ( portrait classique + gros plan + portrait en situation)

Ultime déclinaison du sujet déjà traité en presse écrite avant Noël puis en radio pendant la Saint-Valentin.

mylene m 26/02/2015 10:29

J'adore! C'est du toi tout craché!!!

Céline 25/02/2015 16:59

Merci pour ce portait franc, réaliste et fort bien écrit !!!
A bientôt